De nouvelles cibles thérapeutiques pour un nouveau médicament contre le paludisme

Microscopie électronique d’un schizonte hépatique de Plasmodium berghei génétiquement défectif pour une des protéases.

D’une importance cruciale en termes de santé publique, le paludisme touchait encore plus de 200 millions de personnes en 2013. Beaucoup de progrès ont été accomplis ces dernières années dans le traitement de cette maladie, mais l’arsenal prometteur de médicaments et les mesures de contrôle renforcées se heurtent à la sélection constante de parasites multi-résistant aux traitements utilisés, y compris les plus récents comme les dérivés de l’artémisinine. Pour maintenir l’efficacité du contrôle et relever le défi de l’élimination, de nouveaux anti-paludiques sont constamment nécessaires.

L’avancée scientifique / technologique

Les anti-paludiques ciblent en général les stades intra-cellulaires du parasite Plasmodium, agent du paludisme. Mais l’Unité de Biologie et génétique du paludisme de l’institut Carnot Pasteur Maladies Infectieuses (www.pasteur.fr/fr/recherche/institut-carnot-pasteur-mi) a ouvert une autre voie. Elle a mis en évidence le rôle essentiel joué par deux protéases parasitaires lors de la sortie du parasite des hépatocytes et des globules rouges de l’hôte, puis de son entrée dans des globules rouges sains.

Cette nouvelle approche a fortement intéressé un industriel français de la pharmacie, qui a alors engagé une collaboration avec le laboratoire et les deux instituts membres du Réseau International des Instituts Pasteur au Cambodge et en Guyane. Ce partenariat vise à développer une première série d’inhibiteurs de ces protéases, identifiée grâce notamment à des tests de criblage à haut débit et validée par des protocoles d’évaluation biologique qui ont montré leur capacité à bloquer la multiplication parasitaire. De ces avancées scientifiques découlent alors des applications potentielles en réponse à un des grands problèmes actuels de santé publique.

Avantage concurrentiel apporté aux acteurs économiques

En reprenant les résultats obtenus sur des composés chimiques originaux découverts par l’institut Carnot Pasteur MI, l’entreprise pharmaceutique travaille à en faire un nouveau candidat anti-paludique. Les recherches entamées en 2008 sur le paludisme au sein de l’institut sont en effet engagées aujourd’hui dans la phase translationnelle visant à donner naissance à un candidat médicament.

Comme dans tout projet de développement mené par l’industrie pharmaceutique, le chemin est long jusqu’au marché, mais le processus est bien engagé et un candidat médicament devrait être évalué à l’horizon 2020.

Contact :
Institut Carnot Pasteur MI : Jean-Christophe BARALE - jean-christophe.barale@pasteur.fr

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