3 exemples d'apport à l'industrie de partenariats R&D avec des instituts Carnot

21 Janvier 2015

A l’occasion de la présentation du rapport de la commission Carnot 3, trois exemples de partenariats R&D entre des instituts Carnot et des industriels ont été présentés pour illustrer l’apport de ces partenariats pour le développement de ces entreprises :

Partenariat Vygon / institut Carnot Curie Cancer

Vygon est une ETI commercialisant des dispositifs médicaux à usage unique.
L’Institut Curie dispose d’équipes de pointe dans le domaine de la chimie. Une de ces équipes a breveté un procédé permettant de greffer des molécules hydrophiles sur du silicone, pourtant réputé inerte.  
Cela offre de formidables perspectives pour développer des chambres implantables sur lesquelles les bactéries ne pourront plus adhérer et se développer, ce qui limite fortement le risque d’infection. Une chambre implantable est un petit réservoir métallique recouvert de silicone, implanté chirurgicalement sous la peau, utilisé pour le traitement de cancers. Les chambres sont posées en début de traitement, et peuvent rester en place pendant de nombreux mois car elles peuvent être rechargées. Pouvoir limiter les infections potentiellement dramatiques chez des sujets au système immunitaire souvent très affaibli est un progrès considérable.
Un partenariat s’engage entre Vygon et Curie Cancer qui va permettre de transformer un brevet s’appuyant sur une découverte scientifique pointue en un produit validé et compétitif. Le travail en commun des deux parties a permis de développer ce produit qui n’aurait pas pu voir le jour sans ce partage de savoir-faire et de connaissances. La coopération se poursuit et de nouveaux matériaux comme le polyuréthane sont explorés.

Partenariat TPL Systèmes / institut Carnot CEA LETI

TPL Systèmes est une PME de 40 personnes basée à Sarlat (Dordogne). Cette entreprise est l’un des principaux fabricants de matériel de communication pour les acteurs de la sécurité civile (pompiers, police...).
TPL Systèmes souhaitait lancer un nouveau terminal sans fil à l’export mais cela imposait de fortes contraintes de miniaturisation d’antenne et d’intégration sur un terminal compact.
Le CEA LETI a une grande expérience sur les antennes, il a notamment réalisé des développements pour Nokia.
Un partenariat s’est noué. Cela a permis d’améliorer les performances et de faire disparaître l’antenne externe du terminal. Les travaux de développement, financés par TPL Systèmes, ont duré 2 ans.
TPL commercialise maintenant un nouveau produit dont les performances sont désormais supérieures à celles de son concurrent principal MOTOROLA. Et la commercialisation internationale a commencé vers la Roumanie, le Danemark ... et même l’Afrique du sud.
D’autre part, grâce à ses liens avec le LETI, TPL systèmes qui faisait réaliser l’assemblage de ses produits en Chine a pu prendre contact avec une entreprise de Toulouse ayant les bonnes compétences pour réaliser ces produits dans de bonnes conditions concurrentielles. Désormais c’est ce site toulousain qui assure la fabrication.

Partenariat Enersens / institut Carnot M.I.N.E.S

Le groupe français de chimie fine PCAS a engagé une collaboration avec le Centre PERSEE de l’institut Carnot M.I.N.E.S au début des années 90. Les premiers travaux portaient sur les double-vitrages à aérogels monolithes sous vide primaire. Les prototypes alors mis au point en collaboration avec le DTU (Danemark) et la société suédoise AIRGLASS AB ont conduit à des composants tout à fait performants du point de vue de l’efficacité énergétique mais bien trop éloignés des contraintes économiques du marché.
PCAS et l’institut Carnot M.I.N.E.S ont redéployé leurs efforts vers la genèse d’un procédé de séchage évaporatif de gels de silice nanostructurés obtenus par voie sol-gel. Sont alors nés - avec le soutien de l’ADEME - les isogels®, granulats superisolants, translucides et légers, obtenus par séchage à pression atmosphérique en conditions ménagées. Sur la base d’un brevet conjoint, ils sont désormais développés à l’échelle industrielle sur un site rhônalpin de PCAS par ENERSENS, la spin-off « superisolants » créée par PCAS en 2010 pour développer ce procédé. ENERSENS et PERSEE poursuivent leur collaboration sur l’élaboration de ce nouveau matériau et de ses déclinaisons afin d’en améliorer encore les propriétés.
Parallèlement, PERSEE a initié des recherches avec Lafarge Mortiers (devenu PAREX GROUP) sur le développement de mortiers isolants à base d’isogels® dédiés aux enveloppes de bâtiments et plus particulièrement à l’isolation thermique par l’extérieur. Les résultats obtenus sur ces nouveaux matériaux composites se sont avérés de grande qualité et ont conduit à un dépôt de brevet conjoint. ENERSENS a alors rejoint le groupe pour étudier « en vraie grandeur » le comportement thermique de ce nouvel enduit et sa contribution à l’amélioration des performances d’enveloppes de bâtiment. Cette collaboration s’est élargie à d’autres acteurs au sein d’un projet FUI, ce qui a permis d’inaugurer en juin 2014 une maison « échelle 1 », sur la plateforme INCAS de CEA Tech, réalisée en briques monomur et entièrement revêtue de l’enduit minéral à base d’aérogels de silice granulaire. Les résultats de monitoring et de simulation obtenus soulignent l’intérêt tout particulier de ce procédé pour la réhabilitation.
Fort des résultats obtenus jusque-là à l’échelle des matériaux et du procédé, un nouveau projet de recherche collaboratif vient d’être retenu dans le cadre du Programme H2020. Coordonné par ENERSENS, il vise à démontrer la pertinence de la superisolation thermique du bâtiment par des matériaux de type aérogels et à améliorer encore la maturité des différentes étapes du procédé.